![]() ![]() ![]() |
||
![]() ![]() |
||
|
Nombre de TEP dans les hôpitaux :
Québec sera fixé sous peu Le ministère de la Santé saura d'ici quelques semaines s'il doit doter les hôpitaux québécois d'un plus grand nombre de tomographes par émission de positrons (TEP), un appareil d'imagerie médicale hautement efficace auquel les patients pourraient bientôt avoir accès, à Montréal, dans une clinique privée. L'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé (AETMIS), chargée par Québec de se pencher sur la question, a presque terminé son rapport et devrait le rendre public cet automne, a déclaré hier la porte-parole du ministre Rémy Trudel, Renée-Claude Boivin. «Elle évalue s'il est pertinent qu'on utilise cette nouvelle technologie ailleurs qu'aux deux endroits où elle est offerte sur le territoire québécois et elle évalue quels sont les besoins des Québécois», a expliqué Mme Boivin. Lundi, le quotidien torontois National Post révélait que l'entreprise International P.E.T. Diagnostics, qui a ouvert une clinique dotée d'un TEP à Vancouver l'an dernier, compte en mettre sur pied trois autres au Canada au cours de la prochaine année. L'une de ces cliniques serait basée à Montréal et il faudrait débourser 2500$ pour bénéficier du service d'imagerie par TEP. Trois millions pour un appareilIl n'y a que six TEP au Canada actuellement, dont deux au Québec: l'un à l'Institut neurologique de Montréal et l'autre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. La facture pour un seul TEP se chiffre à environ 3 millions, et les coûts d'utilisation de l'appareil s'élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars chaque année. Le ministère n'a pas émis de commentaires quant au fait que le secteur privé semble en voie d'offrir un tel service aux Québécois. Mme Boivin a toutefois précisé qu'une telle clinique pourrait uniquement ouvrir ses portes si elle obtenait un permis du laboratoire de santé publique du Québec. «Elle aurait peut-être aussi besoin d'un permis d'Énergie atomique du Canada», a ajouté la porte-parole du ministre. Joint à Vancouver, le premier vice-président d'International P.E.T. Diagnostics, John Smith, a confirmé que son entreprise espérait mettre sur pied une clinique à Montréal d'ici un an. «Ça fait certainement partie de nos plans globaux de développement», a-t-il déclaré. «Il y a des dépenses substantielles en matière de capital et de coûts pour exploiter le TEP. Je pense que les gouvernements provinciaux reconnaissent que le secteur privé a un rôle à jouer, pas dans la pratique de la médecine, mais dans l'offre de services diagnostics», a ajouté M. Smith. L'entrepreneur a même soutenu avoir eu certains contacts fructueux avec le gouvernement du Québec dans le dossier. «On a montré beaucoup d'appui à notre proposition», a-t-il dit. La porte-parole du ministre de la Santé ignorait toutefois que l'entreprise avait contacté le ministère à ce sujet. Un examen indispensable Le chef du département de médecine nucléaire du Centre hospitalier universitaire de Montréal, Raymond Taillefer, espère que le rapport de l'AETMIS poussera Québec à acheter d'autres TEP. «Il faut qu'au moins les gros centres hospitaliers universitaires soient dotés d'unités de TEP cliniques, c'est-à-dire pour nos patients de tous les jours», a-t-il dit, précisant que les deux TEP du Québec sont surtout utilisés pour la recherche. Le Dr Taillefer affirme que le recours au TEP est maintenant «indispensable» pour certaines personnes, particulièrement pour les cancéreux. «On est obligés d'envoyer beaucoup de patients passer leurs tests aux États-Unis ou à Sherbrooke, a-t-il déclaré. Actuellement, aux États-Unis, il y a un nouveau département de TEP qui est créé chaque semaine. C'est pour vous dire l'ampleur du phénomène. Le Canada est sûrement un des pays industrialisés les plus en retard à cet égard.» Le président de l'Association des radiologistes du Québec, Gaétan Barrette, était encore moins tendre à l'égard du ministère de la Santé. D'autant plus que les radiologistes, à qui Rémy Trudel avait publiquement promis une rencontre officielle il y a quelques semaines, ont l'impression que le ministre ne tiendra pas sa promesse. «C'est un examen du noyau dur de l'hôpital. Ça devrait être public, a affirmé le Dr Barrette. Le TEP devrait être installé partout où il y a de l'oncologie. Pourtant, cette machine-là risque de naître en privé avant que le CHUM, que McGill, que l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et que le Centre hospitalier universitaire de Québec en aient un.» Copyright © 2000-2001 Cyberpresse Inc., une filiale de Gesca. Tous droits réservés. PETSCAN Centre |
||